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Rencontre avec Guillaume Fortin, réalisateur du documentaire Algérie 04 : culture, état des lieux ?
Rencontre avec Guillaume Fortin, réalisateur du documentaire Algérie 04 : culture, état des lieux ?

«Il faut que la culture s’implique
dans une dynamique sociale»

par Sihem Bounabi (La tribune)
Dimanche 14 août 2005

Le réalisateur français Guillaume Fortin a présenté
à la Cinémathèque algérienne, mercredi dernier, un documentaire qui aborde certaines facettes du mouvement culturel en Algérie.
A la suite de la projection, il a confié, dans cet entretien, la genèse et le déroulement de ce projet, ainsi que sa perception
de la dynamique culturelle

LA TRIBUNE : Quelle est la thématique que vous traitez dans votre documentaire ?

Guillaume Fortin : Le titre est significatif pour exprimer la thématique de ce documentaire de 52 minutes. C’est un documentaire qui porte sur des rencontres que j’avais faites en 2004 avec des acteurs de la vie culturelle en Algérie. Le tournage s’est déroulé lors du séjour que j’avais effectué la même année, durant un mois, dans plusieurs villes telles qu’Alger, Beni Yenni, Blida et Mostaganem. La forme interrogative du titre est un indice pour montrer que cet état des lieux n’a pas été fait d’une manière exhaustif. C’est en fait un questionnement sur la situation culturelle en Algérie. Le documentaire est le déroulement de plusieurs séquences qui sont soit des interviews d’artistes, soit celles d’opérateurs culturels tels que Hassen Metref, soit des séquences de manifestations culturelles telles que les rencontres culturelles de Beni Yenni.

Comment vous est venue l’idée de réaliser un documentaire
sur la culture algérienne ?
Au départ, il était prévu un reportage plus général qui aurait abordé différentes thématiques dans le contexte de l’après-terrorisme. C’est un projet en commun avec Saïd, un journaliste algérien vivant en France avec qui j’ai collaboré sur plusieurs projets en France. Mais il y a eu un problème d’accréditation officielle pour pouvoir travailler. Finalement, j’ai opté pour une approche plus personnelle, plus underground. Je suis sorti du cadre officiel et j’ai axé mon travail surtout sur les activités des associations et des individus. Ce qui m’intéressait, c’est ce qui se faisait en Algérie, et de quelle manière se déroulait le travail des acteurs sociaux et culturels. C’est ainsi que se déroulent les films au fil des différentes rencontres. La véritable problématique c’était de savoir ce qui se passait réellement de l’autre côté du miroir.

Le documentaire a été tourné en 2004, quel est votre regard une année après le tournage ?
Franchement, lors du séjour de cette année et avec un regard extérieur, il est fortement perceptible que les choses avancent. On sent qu’une nouvelle dynamique est insufflée à la vie sociale et culturelle. Les choses sont vraiment en train de changer. Il y a de plus en plus d’implication dans les événements culturels de proximité, avec une spécifité algérienne. Je l’ai surtout ressenti lors de l’édition de cette année des rencontres culturelles de Beni Yenni et aussi au siège de l’association El Moudja.

Cette image d’une Algérie qui bouge et qui avance, est-ce que cela ne va pas à l’encontre d’une certaine image de l’Algérie telle qu’elle est présentée par les médias français ?
Les médias français se sont surtout penchés sur le terrorisme en Algérie. Le quotidien des gens qui continuent à œuvrer dans les différents domaines a été occulté. Il y a des associations et des individus qui ont continué leurs activités même dans les moments les plus sombres de cette décennie marquée par le désespoir et la paralysie. Je me suis rendu compte sur place que l’image de l’Algérie dans les médias occidentaux était vraiment superficielle et c’est pour cela que j’ai voulu montrer une autre facette qui rend hommage au peuple algérien.
En vérité, il y a un grand espoir que les choses s’améliorent de jour de jour. Je pense que, maintenant, les médias doivent s’attaquer à une problématique plus essentielle que la problématique de l’extrémisme religieux. Le mouvement associatif et culturel en Algérie est en pleine effervescence, c’est cette image d’une Algérie profonde qui mène un véritable combat intellectuel et social qu’on devrait promouvoir.

Comment êtes-vous venu à la réalisation ?
J’ai effectué des études d’audiovisuel à Aix-en-Provence. Dans le cadre de mes études, j’avais réalisé plusieurs courts-métrages de fiction. Mon premier documentaire, je l’ai réalisé en 2002. C’est un film documentaire d’une heure trente sur le challenge de faire d’un lieu désaffecté un lieu de rencontres culturelles. Ce documentaire est intitulé Portrait de l’artiste en héros, c’est le fruit de deux années de tournage. C’est l’histoire du collectif «SLAAF» (sans lieux d’activités artistiques fixes. Le collectif s’était approprié une ancienne menuiserie qui était dans un abandon total, c’était devenu un lieu de rencontres culturelles et aussi sociales puisqu’il a également servi de lieu d’hébergement à des personnes en difficulté.
En vérité, je suis réalisateur occasionnel, je fonctionne au coup de cœur. Je travaille surtout dans le cadre associatif, c’est ainsi qu’on publie un mensuel Marseille, la cité pour parler de la vie associative dans la ville phocéenne.

Apparemment vous accordez une grande importance à l’implication dans les activités de proximité...
Ce qui m’intéresse vraiment c’est les gens qui travaillent dans l’ombre sans chercher les projecteurs des médias. Ce sont des personnes qui activent souvent d’une manière individuelle ou dans le cadre d’un collectif comme une forme de militantisme culturel et social.
Je pense que la culture si elle ne touche pas à des problématiques sociales, c’est juste du paraître et du superficiel. Il faut que la culture s’implique dans une dynamique sociale.

Quels sont vos futurs projets ?
En ce moment je n’ai pas de projet précis ; comme je l’ai déjà dit auparavant, je travaille sur l’impulsion des rencontres. Mais une chose est sûre, il y aura un suivi pour une large diffusion du documentaire surtout dans les cadres associatifs et aussi dans les festivals. Mon plus grand souhait est qu’il soit surtout diffusé ici en Algérie, car ce film est entièrement dédié au labeur des Algériens, de ceux qui œuvrent pour une réelle dynamique culturelle et sociale malgré toutes les entraves qu’ils peuvent rencontrer.

S. B.
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